Connaissez-vous Adrienne Bolland, aviatrice intrépide ?


Adrienne Bolland à son arrivée au Chili. Credit photo: Domaine public.

Adrienne Bolland à son arrivée au Chili. Credit photo: Domaine public.

Sans attaches comme un oiseau au long cours. Aviatrice, acrobate, féministe, résistante. Elle a eu une personnalité et une vie exceptionnelles. Célèbre jeune, sa renommée est aujourd’hui bien lointaine. Mais qui était cette femme intrépide ?

Ses ailes fragiles le portent très au dans le ciel. Agile comme un condor, il survole des vallées encaissées et les sommets enneigés des Andes. Pourtant, le vent glacial fouette sa carlingue et la manoeuvre est très difficile. Mais, à ses manettes, la pilote trompe la mort, elle est déterminée. Au travers des nuages, elle trouve enfin le passage entre les montagnes.

La montagne Aconcagua près de Mendoza, Argentine. Photo : Agne27 - CC-BY-SA 2.0

La montagne Aconcagua près de Mendoza, Argentine. Photo : Agne27 – CC-BY-SA 2.0

Entre les montagnes

C’était le 1er avril 1921. Son nom est Adrienne Bolland, aviatrice française d’alors 25 ans.  Elle a été la première femme au monde à franchir la cordillère des Andes en avion. Son exploit lui apporte la gloire.

Depuis 1913 des pilotes étaient déjà passés au travers de cette chaîne de montagnes. Mais comme l’intrépide femme qu’elle était, Adrienne Bolland tenta aussi l’aventure, mettant sa vie en jeu. D’ailleurs, la structure de son avion, un Caudron G3, était en bois et en toile. Une “vraie cage à poule”, qui “développait 80 bourricots” commentait avec malice l’ancienne aviatrice à Jacques Chancel en 1972.

Biplan Caudron G3. Photo : Marcelloo CC BY-SA 3.0

Biplan Caudron G3. Photo : Marcelloo CC BY-SA 3.0

Un exploit humain et technique

Bien que ce biplan monomoteur de 80 chevaux avait un plafond maximum de 4300 mètres, elle le conduisit vers les sommets. Pourtant, la pilote téméraire était sans bonne protection thermique. Pire même, elle était sans carte, sans instruments de navigation, ni connaissance de la région. Malgré tout, elle a réussi un véritable exploit humain et technique en survolant les Andes.

Adrienne Bolland juste après son atterrissage au Chili, le 1er avril 1921. Photo : Magazine Le Miroir des Sports. Domaine public. Gallica - BNF - INSEP

Adrienne Bolland juste après son atterrissage au Chili, le 1er avril 1921. Photo : Magazine Le Miroir des Sports. Domaine public. Gallica – BNF – INSEP

Talent d’acrobate

C’est près de l’Aconcagua, le point culminant de la chaîne, haut de 6 962 mètres, qu’elle a passé la cordillère lors d’un vol fabuleux. Arrivée à Santiago du Chili après 4h15 de vol, elle y reçoit un accueil triomphal. Pilote émérite, elle a ensuite montré au public son talent d’acrobate, en réalisant de superbes figures lors de rassemblements de voltige aérienne. En 1924 à Orly, elle a battu le record féminin de looping en réalisant 212 boucles en 72 minutes.

Adrienne Bbolland fêtée à Santiago du Chili après on exploit. Photo : Le Miroir des Sports, édition du 11 août 1921 / Gallica - BNF - INSEP

Adrienne Bbolland fêtée à Santiago du Chili après on exploit. Photo : Le Miroir des Sports, édition du 11 août 1921 / Gallica – BNF – INSEP

Ses combats

Sa vie a été aussi marquée par de grandes causes. D’abord son soutien à Louise Weiss pour la cause féministe, puis son engagement dans le combat anti-fasciste des Républicains espagnols, avec André Malraux. Proche de Jean Moulin, elle a résisté à l’occupant allemand au sein du réseau CND-Castille à Donnery commune du Loiret, située dans la forêt d’Orléans.

Née en 1895 à Arcueil (Val-de-Marne, France), elle est décédée en 1975 à Paris. Elle repose, aux côtés de son époux l’aviateur Ernest Vinchon, à Donnery. Malgré ses engagements et exploits, son nom est aujourd’hui trop méconnu.

Cette héroïne du siècle dernier n’a pas eu l’hommage posthume qu’elle méritait. Même si sa modestie et son esprit libre ne la faisaient pas courir après les récompenses. Des admirateurs tentent de la remettre en lumière. Pourtant, dans l’intérêt public, la société française lui doit une reconnaissance à mesure de sa personnalité et de ses actions exceptionnelles.

A quand un musée Adrienne Bolland ?

 

En savoir plus :

Article

Podcasts
Derniers livres

Martine Laporte, “Adrienne Bolland, la déesse des Andes”, Villalobos Éditions, 2015.

Coline Béry, “Adrienne Bolland ou Les ailes de la liberté”, Paris, Le Passeur, 2016.

Anne Vanier, de son nom d’auteure “Coline Béry”, est la spécialiste de l’histoire d’Adrienne Bolland.

Découvrez son blog.

**
Un article pour Ligeris Media à l’occasion de #MuseumWeek, journée #womenMW#Histoire #Femmes #Aviation